Tandragee : La bonne étoile de Judy Brannigan

Par Carline, le 14 Jul 2017 14:31

D’OÙ VIENT LE NOM ‘TANDRAGEE’ ?

Lors de notre conversation avec Mme Judy Brannigan durant la semaine, on s’est intéressé à l’origine du nom ‘Tan­dragee’. Ses expli­cations : «On avait décidé de le nommer Tandragee car c’est le nom d’un village en Irlande qui m’a vraiment plu. J’ai­mais bien ce nom et je me suis dit pour­quoi pas ? I must say though that we did not have any parti­cular ties with this village and in fact we have even never been there but the name was just appealing.

Le nom de Mme Judy Brannigan ne vous dit sans doute pas grand-chose. Elle n’est nulle autre que l’éleveuse de Tandragee, le brillant lauréat du Bar­bé la semaine dernière. Si Tandragee a vu le jour et évolue aujourd’hui au Champ de Mars au grand bonheur de l’écurie Gujad­hur et du public en géné­ral, c’est grâce en grande partie à cette dame qui est à l’origine du croise­ment entre l’étalon amé­ricain Bezrin et la jument sud-africaine Mysterious Land. Une fois n’est pas coutume, nous sommes re­montés à la source pour al­ler retrouver l’éleveuse de ce magnifique alezan qui sous la houlette de Rama­patee Gujadhur continue à être compétitif à l’aube de ses 9 ans.

Mme Judy Brannigan est de nationalité britan­nique. A l’âge de 4 ans, ses parents prirent la décision d’émigrer en Afrique du Sud, plus précisément à Cape Town. Une destina­tion qui va éveiller en elle la passion des courses et de l’élevage «J’ai passé vingt ans de ma vie à Cape Town et je peux dire que c’est là où est née ma passion pour les courses et l’élevage. Depuis mon enfance, j’étais passion­née des chevaux de courses, plus particulièrement de leurs pedigrees», explique d’em­blée notre interlocutrice.

C’est pour vivre cette passion à 100 à l’heure qu’elle décide de regagner l’Angleterre. «Je suis retour­née pour suivre ma passion et ainsi prendre de l’emploi au Darley Stud, le haras du Sheikh Mohammed bin Rashid al-Maktoum. (NdlR : c’est dans ce haras que sont élevés les chevaux pour la puissante écurie Godol­phin). Mon travail consistait à écrire les pedigrees, suivre les résultats des chevaux du Sheik et j’ai aussi commencé à établir quelques croisements.»

Nous sommes en 2003. Mme Judy Brannigan dé­cide de franchir le pas et de faire ce qu’elle a toujours voulu. Elever ses propres chevaux. «Tout avait dé­buté en 2003. On avait une jument qui s’appelait Rehaab en Angleterre qu’on avait fait saillir avant de l’envoyer en Afrique du Sud. Elle avait produit quelques gagnants», relate-t-elle.

Par la suite, Mme Bran­nigan et son époux allaient faire l’acquisition de Mys­terious Land, une fille de Badger Land. Celle qui allait donner naissance à Tandragee. «Elle était en vente à Kenilworth. On l’avait fait saillir par Var pour une première fois et elle a donné naissance à Lochlorien qui a été un gagnant Listed. Son deuxième poulain a été Tandragee qui a été excellent et elle a aussi donné naissance à Gothic qui a terminé à la deuxième place dans le South African Derby Gr1. Je pense qu’elle doit être fière de ses trois fils (rires).»

«POWERFUL RUNNING MACHINE»

Comment en est-elle arrivée au croisement de l’étalon Bezrin et de la jument Mysterious Land, laquelle a éventuellement mis au monde le vainqueur du Barbé 2017 au Champ de Mars ? A cette question, elle dira que ce croisement lui a traversé l’esprit alors qu’elle épluchait les pedigrees de l’étalon Bezrin et de sa jument Mysterious Land «J’avais en quelque sorte participé à la venue de l’étalon Bezrin en Afrique du Sud. Le directeur de Maine Chance Farm d’alors m’avait demandé de lui trouver un étalon et je lui avais recommandé Bezrin qui avait couru pour Darley et qui était déjà en Afrique du Sud. C’est un magnifique étalon mais malheureusement sous-estimé. Je le connais très bien. Il possède une très bonne accélération. Comme je savais que le Ribot Line Mare marchait fort avec Danzig, j’ai foncé d’autant que la jument Mysterious Land était très véloce. The mare was lengthy and tall whereas the stallion was stocky, compound and powerful. All to make a powerful running machine.»

Même si elle n’était pas présente en Afrique du Sud lorsque Mysterious Land mit au monde le petit Tandragee, Mme Brannigan suivait de près les premiers pas de ce dernier.

POUR 50 000 RANDS CHEZ VAN ZYL

«Le stud manager m’avait dit que le prochain étalon qui allait saillir la jument – soit Silvano – pourra difficilement produire un plus beau poulain que Tandragee. Les gens qui s’occupaient de lui au Sorrento Stud où il était né disaient qu’il était un jeune avec lequel il était facile de travailler et qu’il allait apprendre vite son métier. Il était puissant avec une belle conformation et on savait qu’avec le temps, il allait se muer en un très bon compétiteur de par ses qualités physiques indéniables.»

Fière de ce qu’en train de réaliser Tandragee au Champ de Mars, Mme Brannigan poursuit son récit. «Bezrin n’étant pas un étalon commercial, Tandragee, malgré son beau physique, n’avait pas attiré beaucoup de convoitises aux ventes. Il fut acheté par l’entraîneur Gavin Van Zyl. Il l’aimait bien et croyait en lui. Acquis pour la somme de 50 000 rands, il intégra l’effectif de Gavin Van Zyl où il avait bien fait avec trois victoires avant de terminer 3e dans un Groupe 3 derrière un très bon cheval, à savoir Pomodoro. Je pense que c’est après cette course que ses propriétaires ont décidé de le vendre. I am so sad he left South Africa as I thought he would have won a big race here but happy for his owners in Mauritius.»

Bien que Tandragee ait quitté la scène hippique sud-africaine, Mme Judy Brannigan a continué à suivre ses performances grâce à l’internet. «On a toujours tenu en estime ce coursier et on a continué à suivre ses courses à Maurice. Son entraîneur fait un excellent travail pour lui permettre de rester compétitif au plus haut niveau et ce, depuis plusieurs années.»

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