Rehaze Hoolash : De l’ombre à la lumière

Par Carline, le 10 Aug 2017 09:50

Le samedi 5 août 2017 est à marquer d’une pierre blanche pour Rehaze Hoolash. Et pour cause, le Mauricien renouait ce jour-là avec la victoire par l’entremise de Jullidar après une disette de 26 mois ! Si les opportunités se sont faites rares pour lui au fil des années, elles n’ont toutefois pas eu raison de son moral à toute épreuve.

Difficile pourtant d’imaginer une telle tournure de carrière pour Rehaze Hoolash. Pour cet habitant de Port-Louis, il faut dire que la réussite a été très vite au rendez-vous après ses débuts en 2007. Cette année-là, se rapelle-t-il, Ricky Maingard fait la demande pour une écurie et l’entraîneur s’entoure de Mark Neisius, Swapneel Rama et Rehaze Hoolash. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’apprenti d’alors ne tardera pas à justifier la confiance placée en lui, en décrochant son premier succès le 4 novembre de la même année avec Jet Propelled.

Fort de ce premier career win, Rehaze Hoolash poursuivra sur sa lancée en 2008 avec deux nouvelles victoires acquises avec Piper’s Promise et Max Jaffa, deux pensionnaires de la défunte écurie Gallet. Une année plus tard, c’est la consécration pour le Mauricien avec le titre de champion des apprentis à la clé, ce qui le rend éligible pour participer au traditionnel week-end international de fin de saison. Associé à The Cardinal de l’ex-écurie Fok, Rehaze Hoolash triomphe parmi les Teetan, Guyon et autres Mansour, dans ce qui constitue sans doute un de ses plus grands succès. Si on aurait pu penser que sa carrière allait alors enfin décoller, la réalité fut tout autre pour celui qui compte à ce jour une trentaine de victoires à son palmarès.

Quand vous n’êtes rattaché à aucune écurie en particulier, il vous est difficile de décrocher de bonnes montes. Et cela, Rehaze Hoolash l’a parfaitement compris, lui qui dit devoir se fier presque exclusivement sur ses riding fees pour pouvoir gagner sa vie. «Évoluer en freelance est assez éprouvant je dois dire, car il est difficile de dénicher de bonnes montes. Cette année, presque toutes les écuries ont leur jockey titulaire ainsi que leurs track riders», a déploré Rehaze Hoolash quand nous l’avons rencontré mardi matin à l’issue du training matinal.

«Même si c’est difficile en ce moment, je ne me laisse pas abattre pour autant. Zame mo pann zett zarm. Mo manz ar li. Je suis là à partir de 4 heures du matin tous les jours, et cela, peu importe le temps qu’il fait», devait-il poursuivre. En effet, avec le soutien de sa famille et surtout de son père qui l’accompagne régulièrement au training, Rehaze Hoolash fait contre mauvaise fortune bon coeur, se tenant toujours prêt à répondre aux sollicitations des différents entraîneurs. «Malgré le manque d’opportunités en course, je me fais un devoir de me maintenir en bonne condition physique, car je sais que cela me sera d’un apport considérable quand on fera appel à moi. Si donne mwa bon souval, mo pou deliver the goods», nous assure-t-il.

Avec le jockey indien Imran Chisty suspendu samedi dernier, Rehaze Hoolash a été approché par l’écurie Merven pour pallier l’absence de son jockey titulaire. En selle sur l’outsider Jullidar dans l’épreuve d’ouverture, le jockey mauricien n’a pas laissé passer sa chance pour renouer avec la victoire, qui le fuyait depuis plus de deux ans. En effet, il faut remonter au 6 juin 2015 pour retracer la dernière réussite de Rehaze Hoolash, qui avait alors mené Colour Of Courage, de l’écurie Rousset, à la victoire. Ce nouveau succès, il l’espère du moins, lui permettra d’être mieux considéré dorénavant par les entraîneurs.

«Le métier de jockey est très difficile et il peut même être assez décourageant. Je comprends tout à fait que les jeunes apprentis peuvent perdre patience par moment, mais il faut s’accrocher. Personnellement, je suis là tous les jours. Le travail ne me fait pas peur et je monte d’ailleurs tous les coursiers que l’on me confie. Au cours de ma carrière, j’ai tout le temps fait face et ce n’est pas près de changer.»

Et ce premier succès 2017, c’est à sa famille que Rehaze Hoolash a tenu à le dédier car, ditil, «mo papa, mo mama ek mo frer finn encouraz mwa, zot motiv mwa boucou ek mo ena enn gran reconnaissance enver zot pou sa.»

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