Un projet novateur, c’est pour quand ?

Il y a danger que quelques-unes des nouvelles directives de la Gambling Regulatory Authority relatives aux critères de participation aux plus grandes courses du calendrier viennent envenimer les relations tendues entre le MTC et le pouvoir (on se souvient encore des railleries déplacées du Premier ministre à l’égard des propriétaires de Prince Of Thieves lorsqu’il avait évoqué une affaire concernant le coursier de Gilbert Rousset l’année dernière).

Ce danger-là, ajouté, d’une part, à la suspension pour une période de quatre ans de l’ancien président déchu du Club, Mukesh Balgobin – qui n’est, en fait, qu’une suite logique, tant ce dernier était devenu indésirable pour ses pairs sur le board directeur –, et de l’autre, à la faute imputée, pour une question de principe et d’éthique, au Stipe Samraj Mahadia quant aux procédures d’embauche du jockey britannique Oliver par l’écurie Maingard – ce qui a, du reste, conduit à la suspension du commissaire –, ne permet pas à l’organisateur de courses de démarrer la saison 2018 dans la sérénité.

S’il n’est pas permis de clouer au pilori Mahadia aussi longtemps qu’il récuse les allégations portées contre lui, cette affaire porte, en tout cas, un rude coup au MTC. Car ces allégations, avec des captures d’écran d’une longue conversation alléguée entre le commissaire et quelqu’un qui n’est pas vu d’un bon œil au MTC à l’appui, concernent un officiel qui est tenu, quelle que soit la situation, d’être au-dessus de tout soupçon. Car il y va de l’intégrité des courses sur laquelle reposent, en fait, le présent et l’avenir du sport hippique.

Un avenir qui suscite toujours des interrogations. Malgré les belles paroles, dont on ne met pas en doute la pertinence, on attend encore du MTC qu’il fasse la démonstration de ses intentions réelles dans le cadre de sa transformation promise, condition sine qua non pour l’obtention d’une betting licence pour laquelle il se positionne depuis quelque temps.

C’est un vaste chantier qui l’attend, d’autant que les 70 % de ses revenus perçus du jeu sont sujets à des contestations légales. Dans certains cas, entre lui et les opérateurs, et dans d’autres, entre la GRA et ces mêmes opérateurs.

Au-delà de l’engagement du MTC (excellent au niveau de l’organisation des courses), qui est de faire perdurer le sport hippique, il est temps pour lui d’unir toutes les parties concernées autour d’un projet novateur. Ce qui n’existe pas pour le moment. Plus il se contentera d’expédier les affaires courantes, plus la GRA empiètera sur ses prérogatives et plus il perdra de ses pouvoirs décisionnels.

Avec la ferme intention démontrée par le gouvernement de nationaliser davantage le monde des courses, il est urgent pour le MTC de proposer des solutions réalistes pour le redressement de l’institution, car le long terme reste brouillon. Personne ne sait, valeur du jour, à quoi ressembleront les courses dans 10 ans.

C’est pourquoi le MTC ne peut plus se contenter de reconduire, année après année, la même politique qui, certes, a fait sa force, mais qui risque, néanmoins, de mettre en péril ses propres intérêts, et par extension ceux des courses elles-mêmes.

Une des premières étapes de cette révolution pour le MTC serait de se débarrasser de ces lobbies qui pensent d’abord et avant tout à leurs propres intérêts au détriment de l’industrie des courses.

  • Fantastic Light Images