A la rencontre de Malan du Toit, South Africa’s horse whisperer

Par Carline, le 24 Jan 2019 09:25

Malan du Toit, ce nom ne vous dit proba­blement pas grand-chose, mais sachez que ce professionnel est une figure incon­tournable dans le giron des courses hip­piques en Afrique du Sud. «Equine Beha­viour Therapist», il est d’un apport inesti­mable pour les meil­leurs entraîneurs, lorsqu’il s’agit de che­vaux difficiles. Rencontre.


Malan du Toit, depuis bientôt une vingtaine d’années, vous-vous êtes fait un nom dans le milieu des courses en Afrique du Sud. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous parler un peu de votre métier, celui de «Equine Behaviour The­rapist» ?

J’ai 58 ans et je suis Equine Behaviour Therapist à plein-temps. Mon métier consiste à résoudre les pro­blèmes de comportements des chevaux dits difficiles et de leur permettre de reprendre goût à la com­pétition. Je travaille géné­ralement avec des chevaux qui se montrent difficiles derrières les boîtes de dé­part, comme Do It Again, le favori du Sun Met cette année. Vous me verrez d’ail­leurs samedi le faire intégrer les boîtes de départ. Je bosse également beaucoup avec des jeunes chevaux pour le compte du Drakenstein Stud où j’ai accompagné les premiers pas de très bons chevaux comme Oh Susan­na (Vainqueur du Sun Met 2018) pour ne citer que celle-ci. Des yearlings plus exactement, Dans ces cas précis, mon rôle n’est pas de résoudre des problèmes de comportements mais plutôt de leur apprendre les pre­miers pas. Ce qu’on appelle dans le giron : le breaking in. Cela consiste à apprendre au cheval d’accepter un cavalier d’entraînement afin qu’il puisse intégrer l’effectif d’un entraîneur de chevaux de courses qui s’occupera de sa carrière. C’est une étape importante. Là, il est ques­tion d’apprendre les bonnes manières à ses élèves.(Rires) Un jour quelqu’un avait posé la question å Ber­nard Fayd’Herbe : Quel est le ‘job’ de Malan Du Toit ? Il a dit : ‘Malan saves our life in the starting stalls’. Il faut se rendre à l’évidence une chose : With racehorses we are not dealing with Black Beauty Horse that we see in film (grands éclats de rire).


Comment êtes-vous tombé dans la marmite des courses justement ?

Vous serez surpris. Je n’ai pas une histoire clas­sique. Du genre ‘ mon père était entraîneur ou mon frère était jockey’. Alors là pas du tout. Au sein de la famille, il n’y a absolument personne qui est dans le milieu des courses. Je vais vous racon­ter mon histoire à moi et vous verrez combien c’était improbable que je finisse dans les courses.

Au fait, enfant je ne regardais même pas les courses de chevaux. Jeune adulte, je suis devenu pas­teur dans une église dans une petite paroisse. J’ai en­suite rencontré mon épouse, une très bonne cavalière. Ce n’est toutefois que quand elle était enceinte de notre premier enfant que je suis parti voir une de ses mon­tures lors d’une séance d’entraînements en vue d’une compétition. Celle-ci devenait de plus en plus compliquée. Cela m’a intri­gué et j’ai voulu résoudre ce problème-là. Cela est parti de là. J’ai commencé à m’y intéresser et je me suis inves­ti pleinement. Le cheval était devenu docile. Petit à petit, de bouche à oreille, j’ai fait mon entrée dans le giron des chevaux de courses.


N’ayant auparavant jamais eu de frottements avec le milieu hippique a été un désavantage. On suppose que convaincre n’a pas été facile…

Et comment ! Vous ne pouvez l’imaginer. It’s purely the good results of my work that has made me succeed. Je me souviens qu’un matin, l’entraîneur Riaan Van Reenen au Philippi Training Centre m’avait fait venir pour voir un véritable cas.

Le cheval Big Appe­tite ne voulait absolument pas intégrer les boîtes. J’ai rapidement eu de très bons résultats avec. Les choses se sont rapidement enchaînées depuis ce jour. D’une part, comme j’étais pasteur au sein d’une église d’une petite paroisse, je n’étais pas très bien payé. At a point of time you must make provision for your bread and butter. J’ai ainsi opté pour travailler avec les chevaux et aujourd’hui je collabore avec plusieurs entraîneurs dont Mike De Kock, Justin Snaith, Brett Crawford, Joey Ramsden, Geoff Woodruff, Janse Van Vurren pour ne citer que ces derniers.


Combien de che­vaux compliqués êtes-vous appelé à réé­duquer d’autant qu’on remarque que vous êtes sollicité partout en Afrique du Sud ?

Sur une année, j’ai probablement 180 chevaux qui me sont confiés. De ces 180 chevaux, 120 sont pour le breaking in. J’adore mon métier car chaque nouveau cas est un challenge. Durant ma carrière. Je me suis aussi rendu à Dubayy avec un des chevaux de Mike De Kock. J’avais pu résoudre son problème au départ, en sept jours, mais l’entraîneur n’avait pas eu suffisamment de temps pour le préparer.


Vous avez eu une longue carrière. Si on vous demande quel che­val vous a le plus mar­qué. Vous diriez lequel ?

J’ai eu la chance d’avoir pu travailler avec quelques champions. Il y a Dynasty, Variety Club, Jackson, Abashiri, Jay Peg et Mother Russia. Il est difficile de faire un choix. Je dirai que Variety Club, Abashiri et Jay Peg sont proches de mon coeur car j’ai voyagé partout où ils ont couru. Il y avait une vraie synergie.


Vous avez eu l’occa­sion de travailler avec le favori Du Sun Met 2019 depuis son très jeune Age, Do It Again, et du reste, vous continuez à être à ses côtés. Cela a été une longue et pas­sionnante histoire, Ra­contez-nous tout !

Au fait, Do It Again est né au Drakenstein Stud Farm. J’y travaille depuis cinq ans maintenant. Cela après qu’ Arc en Ciel Stud Farm pour lequel je bossais avant, a décidé de cesser ses opérations. Donc, j’ai eu l’occasion d’accompagner Do It Again dans ses pre­miers pas. Tout s’était bien passé lors du breaking in et le cheval a rapidement mon­tré son potentiel lors de ses premières courses. Cela dit, après une course, Bernard Fayd’herbe qui l’avait mon­té, a suggéré à l’entraîneur Justin Snaith de me faire voir le cheval. Il sentait le début d’un problème de com­portement. Aujourd’hui je l’accompagne à chacune de ses courses.


Comment voyez-vous ses chances et que pensez vous de l’édition 2019 du Sun Met ?

Lors de sa dernière course, il s’est très bien comporté et c’était une indication pour moi qu’il allait bien courir. Il a gagné. Je suis convaincu qu’il va sortir une de ses meilleures performances samedi. Il y a de l’opposition, comme Oh Susanna, mais il devrait être redoutable.


Naseeb KOREEAWA de Cape Town (Afrique du Sud)

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