Marcel Chaouat :«Ça irait mieux si les gouvernements nous laissaient un peu plus respirer»

Par Carline, le 11 Apr 2019 13:54

Marcel Chaouat, membre du comité d’administration de France Galop et président de l’hippodrome de Deauville, a profité, le temps de ses vacances à Maurice, de faire une visite éclair au Champ de Mars dimanche dernier.

Pour ce grand professionnel des courses, il serait souhaitable que les organismes étatiques soient plus à l’écoute des organisateurs de courses.

 

Marcel Chaouat, est-ce votre première visite à Maurice ?

Cela fait plus de quinze ans que je viens régulièrement à Maurice. D’habitude, j’effectue environ trois déplacements durant l’année. De plus, j’organise régulièrement en France des journées avec l’île Maurice à l’honneur. J’ai même organisé une course au nom du Mauritius Turf Club il y a quelques années.

 

Est-ce en tant qu’invité du Mauritius Turf Club que vous êtes présent sur l’hippodrome aujourd’hui (NdlR : dimanche dernier) ?

Pour être tout à fait honnête, je suis régulièrement l’invité du Mauritius Turf Club mais je viens rarement au Champ de Mars, étant déjà très occupé avec nos courses presque tous les jours en France. J’ai rencontré le CEO Mike Rishworth à mon hôtel au cours d’un déjeuner en semaine. Je lui ai promis de venir. Je suis donc là.

 

Peut-on connaître votre appréciation générale des courses mauriciennes ?

Je dois dire que je connais les courses mauriciennes depuis très longtemps. C’est juste magnifique. Il y a un véritable engouement ici. Quelquefois, il vous arrive même d’avoir plus de public au Champ de Mars que chez nous. C’est vraiment un sport national pour vous.

 

Auriez-vous quelques suggestions pour améliorer l’hippsime mauricien ?

Ecoutez, on ne peut pas suggé-rer grand-chose pour améliorer les courses hippiques à Maurice. Mais je peux vous assurer que nous allons tout faire pour que le Week-end international qui aura lieu début décembre soit un succès. D’ailleurs, j’essaie de parler avec les meilleurs jockeys du monde pour essayer de les faire venir. C’est en tout cas la promesse que j’ai faite au président du MTC.

 

La question d’un nouvel hippodrome, plus moderne, a souvent été évoquée. De par votre expérience, pensez-vous qu’il serait temps pour l’hippisme mauricien de franchir ce cap ?

Cet hippodrome qu’est le Champ de Mars, en plein centre de Port-Louis, a un charme magnifique. Personnellement, j’estime ne pas être habilité à dire ce qu’il faudrait faire à Maurice. Les autorités sont d’ailleurs là pour ça. Quant à moi, j’ai déjà bien à faire à Deauville (rires). Je ne veux pas
prendre position là-dessus.

 

Le partenariat Etat-Organisateur de courses a du mal à travailler en bonne intelligence à Maurice. Qu’en est-il en France ?

Vous savez, tous les gouvernements sont là pour prendre des taxes et ils nous laissent bien peu d’argent pour organiser les courses. Cela fait partie des futurs projets que nous avons. Celui d’avoir un véritable dialogue avec l’Etat à ce sujet, avec le ministère des Finances notamment, afin qu’ils nous laissent un peu plus respirer.

 

France Galop et MTC, même combat alors…

C’est pareil pour l’ensemble du monde des courses, que ce soit à Maurice ou en France. Il ne faut pas oublier que l’hippisme est un monde de passionnés. On essaie tous de bien faire mais les gouvernements, et là je ne veux pas nécessairement parler de Maurice ou de la France, ont besoin de faire tourner le pays. Cela nous complique malheureusent les choses.

 

Et sinon, comment se porte l’hippisme français ?

Tout va bien. Nous avons les plus belles courses du monde ainsi que les meilleurs hippodromes. On vient de rénover Longchamp, qui est tout simplement un endroit magique en plein Paris dans le Bois de Boulogne. C’est un bâtiment magnifique. Si les gouvernements nous laissaient un petit peu plus de respiration, ça irait mieux.


Propos recueillis par Didier Simanarain

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