Michael Wanklin : «Le “handicapping” est perfectible»

Par Carline, le 07 Jun 2019 10:17

Le Mauritius Turf Club ne veut rien laisser au hasard pour maintenir les normes internationales au niveau de ses Racing Operations. Dans cette optique, il a fait appel à l’expertise d’un consultant chevronné en la personne du Sud-Africain Michael Wanklin pour une évaluation de son handicapping system.

Le professionnel sud-africain était au pays la semaine dernièreet il a eu de longues sessions de travail avec les membres du panel des handicapeurs, mais aussi avec les entraîneurs.

L’Express-Turf l’a rencontré avant son départ Samedi 1er juin. Présent dans les loges à l’occasion de la 11e journée, Michael Wanklin scrute avec attention l’arrivée de la deuxième course. Quelle est la personnalité de ce ­professionnel appelé àévaluer cette partie aussi importante qu’est lehandicapping des chevaux à ­Maurice ?

Proche de la soixantaine, Michael Wanklin a tout d’un personnage pragmatique. Une qualité indispensable dans sa profession. Il possède un palmarès éloquent. Après avoir fait ses débuts sur le panel des handicapeurs sur l’hippodrome de Mashonaland Turf Club au Zimbabwe, il a gravi les échelons pour devenir une sommité dans ce domaine. Après avoir accepté une offre de Racing Handicapper de Western Province à Cape Town, il devait être nommé Senior Handicapper du pays de Mandela après une douzaine d’années.

«Je me suis intéressé aux courses dès l’âge de 15 ans. Mais ce n’était pas dans mes plans de travailler dans le monde hippique. Je voulais être arpenteur-géomètre àun moment donné, mais au final j’ai accepté d’intégrer le panel des handicapeurs du Zimbabwe. C’est parti de là. Au fil des années, j’ai progressé dans le domaine pour occuper le poste de Senior Handicapper d’Afrique du Sud», explique celui qui, en 1997, a introduit leMerit Rating Handicapping dans ce pays.

Les compétences de notre interlocuteur dépassent les frontières sud-africaines. Son expérience est sollicitée sur le plan international. Il est appelé par le Singapore Turf Club pour introduire ce nouveau système de handicap. Il revint par la suite en 2005 en Afrique du Sud pour une période de trois ans en tant que Senior Handicapper à la National Horse Racing Authority, plus précisément à Johannesburg. «En Afrique du Sud, après l’introduction du Merit Rating Handicapping, il me fallait superviser le panel des handicapeurs des trois juridictions. Mais je dois dire que les différents centres avaient de très bonnes équipes de handicapeurs

Durant sa carrière, Michael Wanklin a également bossé en Chine et aux Philippines. «Depuis que j’ai pris ma retraite après une carrière d’une quinzaine d’années, j’ai lancé une agence de conseil et j’ai beaucoup travaillé avec les juridictions des pays de l’Asie du Sud. Il m’a été demandé de mettre sur pied un système de handicap pour un nouvel hippodrome en Chine, celui de Yulong. Cela a été une riche expérience

«The system is not broken»

Et comment a-t-il été appelé à faire une évaluation à Maurice ? A cette question, Michael Wanklin dira que c’est un concours de circonstances. «J’étais au Sun Met en Afrique du Sud lorsque j’ai rencontré Mike Rishworth. Je ne savais pas qu’il était venu travailler à Maurice. Lorsqu’il m’a proposé de venir, je n’ai pas hésité pour découvrir une nouvelle juridiction

Invité à nous livrer ses impressions sur notre système de handicap, Michael Wanklin a joué le jeu même s’il soumettra dans quelques jours un rapport au MTC. «I would not like to preempt my report to the MTC but I can tell you that the system is not broken. It works. Si vous voyez les arrivées de ces dernières semaines, il est clair que les courses sont très compétitives au Champ de Mars. Quand il y a très peu d’écart qui sépare les chevaux au but, c’est une bonne indication. Toutefois, tout système est perfectible. J’ai quelques idées et j’en ferai part au Mauritius Turf Club.»

Michael Wanklin citera deux zones qui, selon lui, mérite des retouches. «Je pense qu’il faut qu’on s’attarde sur les cas où les chevaux grimpent et n’arrivent plus à gagner. Il faut que ces chevaux restent compétitifs. Il y a aussi le cas des chevaux âgés de 2 ans en Afrique du Sud et qui bénéficient d’une conversion très favorable (NdlR : les exemples les plus concrets dans ces cas sont, entre autres, Zodiac Jack, champion des 3-ans l’an dernier, Good Buddy, Why Wouldn’t Yew, Play Another Tune et Cyber Special). The case of the 2 year-old unrated horses is one of the areas that I am obviously looking into. I have got an idea what to recommend to the club. I think the rule on that matter needs to be looked at.»

Notre interlocuteur dit surtout apprécier la réaction des entraîneurs qu’il a eu l’occasion de rencontrer vendredi. «J’ai beaucoup parlé avec les entraîneurs vendredi. Cela m’a fait bien plaisir qu’ils se sont montrés réceptifs. They may be on the other side of the fence as compared to the handicappers but the interest of the industry comes first», a-t-il conclu.

 

Mike Rishworth (CEO du Mauritius Turf Club) :“The aim is to keep our standard to international level”

“Michael Wanklin is here for an assessment of our handicapping system. We at the Mauritius Turf Club when it comes to racing there are two things we want: racing as competitive as possible and big fields as possible. Also we want to keep up our standards to the international norm. One of Michael’s objective is to assess the handicapping system. And the other one is to extend the careers of horses. He has not been told to come here and change eve-rything. If he finds nothing wrong. We await his report with a lot of impatience.”

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