Karis Teetan : «Je serai meilleur dans quelques années»

Par Carline, le 27 Sep 2019 11:17

Le crack jockey mauricien ne cesse de faire parler de lui. Notre fils du sol, qui n’a plus rien à prouver à Hong Kong, a frappé fort samedi dernier avec un deuxième quintuplé après celui réalisé l’année dernière. Mais il avertit ses adversaires : «Je serai meilleur dans quelques années.»

 

Karis Teetan, vous avez, samedi dernier, signé un deuxième quintuplé à Hong Kong. Quel début de saison pour vous !

Je suis très heureux. Vous savez, la compétition est des plus rudes à Hong Kong où ne serait-ce qu’une victoire est difficile à obtenir. Avec des jockeys comme Joao Moreira, Zac Purton et Blake Shinn, pour ne citer qu’eux, dans les vestiaires, je peux vous dire qu’il y a du travail. Il y a aussi Lyle Hewitson, un jeune très prometteur qui est venu d’Afrique du Sud et qui va bien faire selon moi. Remporter cinq victoires lors d’une journée au tout début de la saison ne peut que me motiver pour la suite de l’année qui s’annonce très compétitive. Je suis troisième avec sept gagnants à une longueur de Joao Moreira. We soldier on (Rires)

 

Qu’est-ce qui fait votre force ?

Je dirais que c’est une combinaison de plusieurs facteurs. Il n’y a pas que le talent à cheval qui fait la réussite d’un jockey. A Hong Kong, les jockeys ne peuvent pas avoir d’agents. On doit donc chercher nous-mêmes des montes. Beaucoup se joue sur cet aspect, je pense. Moi, je passe beaucoup de temps à faire mon home-work pour savoir quelle est possiblement la meilleure mon-te d’une course. Il faut alors prendre contact avec l’entraîneur ou les propriétaires pour essayer d’avoir ces gagnants potentiels comme montures. Je fais aussi très attention à mon fitness. Point de laisser-aller à ce sujet. Je peux aussi compter sur un coach sportif personnel pour les pilates. Les arrivées des courses se jouent souvent d’un nez ou d’une courte tête. Il faut donc être à 110 % fit si vous voulez que la victoire soit de votre côté. Je pense que le succès, il faut aller le chercher. (L’entretien reprend après quelques ajustements au treadmill)

 

Pensez-vous avoir encore une marge de progression ?

J’en suis convaincu. Je pense que j’ai encore pas mal à apprendre. Je me fais toujours un devoir d’apprendre une ou deux choses en visionnant les meilleurs jockeys à l’oeuvre. C’est un métier où on ne cesse jamais d’apprendre. Oui, je pense que je serai meilleur dans quelques années. Surtout tactiquement.

 

Comment s’annonce cette nouvelle saison pour vous ? Avec la présence du Brésilien Joao Moreira et Zac Purton, cela ne va pas être simple de viser le championnat…

Ce sera difficile de viser le titre cette année. Joao Moreira et Zac Purton sont très prisés par les en-traîneurs. Le premier nommé avait déjà une réputation mondiale quand il est arrivé à Singapour alors que Zac Purton monte ici depuis longtemps. Ils montent souvent les deux premières chances d’une course. Ce n’est pas évident de composer avec des troisièmes, voire quatrièmes chances. De plus, je dois dire que contrairement aux premières saisons où j’étais parmi un des rares light weight jockeys, les choses ont bien changé. Il y a plus de jockeys légers actuellement et cela joue en ma défaveur. Mais remporter le championnat ici reste un de mes objectifs futurs. I am not going to give up.

 

Hans Ebert, journaliste et observateur hippique basé à Hong Kong, est d’avis que votre attitude positive est l’un des ingrédients à la base de votre succès. Un commentaire…

Je pense qu’il a raison. J’ai toujours été ainsi. Je reste positif et optimiste même si les choses ne vont pas nécessairement très bien. J’ai confiance en moi-même et surtout dans mes efforts. Je sais que si je ne gagne pas ce n’est pas nécessairement de ma faute et que probablement je n’avais pas les outils nécessaires. Si on regarde dans le rétroviseur, il est difficile d’avancer, non ?

 

Sinon, peut-on demander qui est, selon vous, le meilleur jockey au monde ?

Je dirais sans hésitation Lanfranco Dettori. Ce monsieur est un génie. Il n’y a qu’à voir ce qu’il ré-alise en ce moment. Une quinzaine de victoires de Groupe 1 à travers le monde et ce n’est pas encore fini pour 2019. Il y a des grands jockeys qui passent une année pour viser une seule de ces grandes courses. Je suis admiratif face à sa confiance en lui, sa maîtrise en course et surtout sa sci-ence tactique. Il m’a toujours inspiré. Pour moi, il n’y a pas photo (Rires).

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