Swapneel Rama :«C’est faux de dire que je suis parti à cause de Nunes»

Par Carline, le 03 Oct 2019 13:34

Swapneel Rama reprend ses bonnes vieilles habitudes : piloter des gagnants. Samedi, il l’a fait avec Never Fear. Lui qui venait tout juste de rechausser les étriers après avoir passé neuf mois chez l’écurie Hurchund en tant que Stable Supervisor, revient, entre autres, sur les raisons qui l’ont poussé à se remettre en selle.

 

Vous n’avez pas eu à attendre longtemps pour briller depuis votre retour en tant que jockey…

J’ai attendu deux journées pour retrouver le box des gagnants. Cela fait plaisir. Je suis content de pouvoir enlever cette pression assez tôt. Je suis un peu plus serein. J’espère pouvoir continuer de la sorte. J’espère aussi qu’on me fera confiance à l’avenir.

Ce retour a-t-il été facile pour votre organisme ?

J’ai dû beaucoup travailler pour retrouver mon fitness. J’ai travaillé sur le cheval mécanique ainsi que de chez moi. Ce n’était pas facile, je dois vous l’avouer. Je n’avais pas à être autant sévère avec mon corps lorsque j’étais de l’autre côté de la barrière. Je retrouve graduellement mes sensations et plus important la résistance. Les entraîneurs me font confiance et cela m’aide grandement pour retrouver mon degré de forme d’antan.

Est-ce facile de convaincre votre famille pour revenir en selle où le danger reste omniprésent ?

Je l’ai fait pendant 20 ans. J’aime ce métier. J’aime le cheval. J’avais décidé de prendre du recul en rejoignant l’écurie Hurchund en tant que Stable Supervisor. Mais cela me manquait. Le jockeying me manquait. Il m’arrivait souvent d’accompagner les jockeys des mains et des pieds à partir des loges (rires). Dans un premier temps, je pensais à un retour en 2020, mais cela s’est fait plus tôt. Je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. Tout a été discuté en amont. On me fait confiance.

Pourquoi donc avoir décidé de faire autre chose en début d’année si vous aimez tellement être en selle ?

Je voulais avoir de l’expérience. Il faut toujours penser à l’avenir. Il s’agit d’un plus pour ma carrière. On m’avait approché pour aider. J’ai accepté. J’ai beaucoup appris. Je ne regrette rien. Il s’agissait d’une parenthèse à 40 ans. L’éventualité d’un retour de l’autre côté de la barrière est toujours envisageable dans le futur.

Reste que les bruits circulent à l’effet que votre départ fait suite aux divergences d’opinion avec le jockey Nunes…

On a travaillé ensemble. Les résultats parlent d’eux-mêmes. On le sait tous que Nunes est un grand jockey. Il a de l’expérience à revendre. J’ai beaucoup appris de lui, mais il aime faire à sa façon. C’était sa façon de voir les choses… Que peut-on dire ? Mais c’est faux de dire que je suis parti à cause de Nunes. L’équipe marchait bien. Nunes faisait presque tout. Je me suis dit que la formation Hurchund pouvait continuer sans moi. Et j’ai pris macision d’autant qu’un retour en selle me tentait.

Le perfectionnisme de Nunes n’est donc pas une légende ?

C’est lui qui fait tout le boulot même si le team work prévalait. Je parle des propriétaires et de l’entraîneur Hurchund. Cela dit, il fait presque tout. Il est très exigeant. Il aime que le travail soit bien fait. Pas de 95 % avec lui. C’est du 100 % ! Et à chaque fois ! C’est une des qualités qu’il possède, d’où sa réussite aujourd’hui.

Et vous qui avez travaillé avec plusieurs entraîneurs à Maurice, nommez-en un qui vous a le plus marqué…

Philippe Henry. Mon mentor. J’ai aussi beaucoup appris de Patrick Merven. Ricky Maingard m’a été très précieux aussi. Moorli Gujadhur m’avait aidé lorsque j’étais encore apprenti. Tous ces gens ont influencé, d’une manière ou d’une autre, ma carrière.

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