Nicolas Carosin «Je ne me présente pas comme un ténor..»

Par Carline, le 02 Mar 2020 11:25

Le board d’administrateur du Mauritius Turf Club compte, en Nicolas Carosin, un nouveau membre depuis vendredi. Faute de challenger, cet ancien propriétaire de chevaux a été élu d’office. Dans l’entretien qui suit, Nicolas Carosin revient sur son parcours dans le giron jusqu’ici. Même s’il n’a pas souhaité dévoiler ses priorités pour le moment, le nouvel administrateur dit prôner le travail en équipe.


Nicolas Carosin, vous êtes fraîchement élu d’office en tant qu’administrateur du MTC. Si dans la communauté des propriétaires vous êtes bien connu, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Nicolas Carosin, 50 ans, marié et père d’un fils, Enzo, qui est tout aussi passionné des courses de chevaux. Sales Manager chez Velogic pendant presque treize ans, j’ai aussi été officier à la sécurité au MTC dans les années 80, propriétaire de chevaux de courses depuis plusieurs années avant de rejoindre
l’administration cette année.

Depuis quand est née cette passion pour les courses hippiques ?

Pour la famille Carosin, l’amour des courses de chevaux remonte à longtemps. Mon père, feu Ferdinand Carosin, aimait beaucoup ce sport et il était propriétaire au sein de l’écurie Rousset dans les années 80. Enfant, je venais donc très souvent aux courses et c’est sans surprise que je suis tombé dans la marmite (rires). J’ai aussi eu l’opportunité de servir le club en tant qu’officier à la sécurité à temps partiel et la chance de côtoyer feu Jean Halbwachs. Ce fut une très belle expérience. Par la suite, j’ai été propriétaire pendant plusieurs années. Tout cela m’a ainsi permis de suivre de près l’évolution des courses à Maurice pendant, disons, ces trente dernières années.

Sinon, qu’est-ce qui vous a poussé à franchir le pas et postuler pour un poste d’administrateur du club
bicentenaire ?

D’abord et avant tout, je dirai que c’est surtout par passion et par amour de la chose hippique et de mon club. C’est un poste qui demande de l’engagement et du temps. J’ai vécu  les courses en tant que propriétaire chez l’écurie Merven d’abord et par la suite chez l’écurie Maingard, ce qui m’a permis de comprendre pas mal de choses. J’ai ainsi voulu apporter ma contribution en passant de l’autre côté de la barrière. Le déclic s’est produit vraiment après une discussion avec le président Kamal Taposeea l’an dernier au cours de laquelle je lui ai fait part de mon désir de servir le Club.

Quelles seront vos priorités au sein du board ?

Je dirai en toute humilité que je ne me présente pas comme ce tenor qui intègre le board des administrateurs pour révolutionner. Il y a des gens chevronnés qui y siègent. Je veux apprendre, comprendre les défis auxquels fait face l’industrie. J’ai certainement des idées et je compte apporter mon soutien à l’équipe qui a fait un très bon travail malgré le contexte difficile. Je reste toutefois persuadé que le travail d’équipe et une très bonne communication sont des plus importants. Je pense qu’il nous faut aussi accorder une oreille attentive à ceux qui ont des idées, particulièrement les jeunes qui seront amenés à assurer l’avenir des courses. Aussi, fairness and consistency must prevail.

Le fait d’avoir été propriétaire pendant de longues années vous confère un certain avantage pour comprendre ceux qui achètent la matière première des courses comme vous le dites plus haut ?

Oui, certainement. J’ai vécu l’expérience du propriétaire, ce qui me permet de mieux comprendre cet aspect qui est l’oxygène même des courses. à ce sujet, vous n’êtes pas sans savoir que l’acheminement des chevaux à Maurice coûte désormais plus cher avec l’airfreight cost qui a augmenté. Perhaps it would be wise to reconsider seriously importing horses by sea from Durban Port (5-6 sailing days) to reduce costs considerably.
Tous nos chevaux sont importés d’Afrique du Sud et nos écuries et propriétaires investissent dans des jeunes chevaux qui sont de surcroît d’un très bon niveau.
Il faut donc impérativement aider les gens qui investissent dans la matière première même des courses. Et surtout qu’il y a la TVA qui est appliquée, ce qui vient corser la note. Je serais à ce sujet
très heureux si les autorités pouvaient renoncer à la TVA sur l’achat des chevaux de course. Ce serait un gros plus pour l’industrie.

Le Club a encouru des pertes de Rs 5,7 millions pour la saison 2019. Votre avis sur ce recul…

Personnellement, je pense que l’équipe sortante a fait un très bon travail malgré les conditions difficiles de la saison 2019. Le president l’expliquera certainement dans son bilan (NdlR : l’entretien a été réalisé avant l’assemblée générale annuelle). Ce n’est pas un plaisir de faire des pertes mais il faut prendre en considération les différents facteurs qui ont amené à ce résultat négatif. Moi, je suis optimiste pour cette saison. On a du pain sur la planche, c’est sûr, mais dans de meilleures conditions que celles que l’an dernier, je pense qu’on peut redresser la barre. Il y a du travail qui nous attend mais moi je crois que nous avons le savoir-faire au sein du board pour cela.

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