A contre-pied

Par Carline, le 02 Apr 2020 08:52

La nouvelle est tombée mardi, Olivier Placais, qui était un des premiers jockeys à avoir débarqué en vue de la saison 2020 a regagné son pays natal mardi.

Ce départ était inévitable suite à la décision de son employeur, en l'occurrence l'écurie Gujadhur, de suspendre l'entraînement de ses chevaux la semaine dernière, mais également  en raison de l'épais brouillard qui plane désormais sur le début de la saison.

La décision de l'entraîneur Ramapatee Gujadhur et le départ subséquent de Placais viennent, quelque part, prendre à contre-pied le MTC et quelques entraîneurs, qui crient sur tous les toits depuis deux semaines qu'il faut impérativement poursuivre l'entraînement.

Avec plusieurs millions de roupies dépensées  pour l'acquisition de plus d'une vingtaine de nouvelles unités, l'écurie Gujadhur avait abordé les  préparatifs d'avant-saison avec de grandes aspirations, mais compte tenu de la situation sanitaire dans le pays, elle a décidé de mettre ses ambitions en berne et de privilégier la sécurité de son staff.

Cette démarche de l'entraîneur Ramapatee Gujadhur mérite d'être saluée, car en prenant en considération ses investissements, il faut reconnaître qu'il a tout à perdre en mettant un terme à l'entraînement de ses chevaux.

Dans un autre contexte, à travers cette décision, il vient aussi se dissocier de ceux qui maintiennent que l'entraînement doit se poursuivre pour le 'bien-être' des chevaux.

Et quid du bien-être de ses chevaux ?  Osera-t-on venir nous dire que Ramapatee Gujadhur n'y a pas pensé ?  On parle là d'un homme qui est un des doyens du turf, qui est doté d'un palmarès pléthorique  et qui est à la tête d'un établissement qui est une véritable institution à Maurice.

C'est clair que cela doit  être forcément un 'matter of concern' pour lui, mais compte tenu de la gravité de la situation actuelle dans le pays en raison du Covid-19, il a fait le choix d'adresser d'autres priorités et c'est tout à son honneur.

Cette décision a été unanimement saluée aussi bien par ses palefreniers, mais également par ceux  exerçant dans d'autres établissements... !

Sevré de transport et de moyens pour s'alimenter en cette période de confinement, plusieurs  palefreniers bouderaient carrément le travail. Il nous revient, d'ailleurs, qu'il y aurait un fort taux d'absentéisme à tel point  que dans certaines écuries, il y a eu des jours où un palefrenier se serait retrouvé avec plusieurs chevaux sous sa charge.

Cette semaine, le MTC a procédé à une distribution de masques et de 'hand sanitizer', mais on doute fort que cela suffise pour leur remonter le moral.

Au niveau du MTC, une source autorisée insiste que jusqu'ici aucun palefrenier n'est venu se plaindre à la direction du Club que ce soit par rapport au maintien de l'entraînement ou aux conditions dans lesquelles ils sont appelés à travailler en cette période de crise. Cette même source soutient que le MTC, non seulement a le devoir de s'assurer que l'industrie hippique se prépare déjà à l'après-Covid qui sera extrêmement difficile, mais doit veiller en même temps que les activités dans les écuries se fassent dans le respect des normes sanitaires établies par le ministère de la Santé.

Il nous revient aussi qu'au sein des établissements qui envoient toujours leurs chevaux sur la piste, des mesures ont été prises  pour que le travail dans les écuries se fasse en groupes très restreints.

 

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