What next?

Encore une saison de courses qui arrive à terme. Encore une année avec son lot de satisfactions, de déceptions, mais qui a aussi été marquée par de nombreuses interrogations et inquiétudes. Une saison, malheureusement, qui confirme surtout que le Mauritius Turf Club (MTC) et la Gambling Regulatory Authority (GRA) ne rament pas nécessairement dans la même direction, quoiqu’il semble y avoir un léger dégel dans leurs relations en cette fin de saison.

2019, c’est déjà dans quelques jours. Le nouveau CEO du MTC, le premier de son histoire, ne compte pas fonctionner dans la continuité. Il promet des changements à tous les niveaux – dans le day to day running du Club, mais également dans la manière dont l’industrie hippique dans son ensemble devrait être gérée. Pour cela, il prône une politique d’ouverture et invite la GRA à la même table.

Il est difficile à ce stade de lui faire un procès d’intention. Après tout, “the proof of the pudding is in the eating”. Lorsqu’il prendra ses fonctions en 2019, il devra mériter une période de grâce pour mettre en place le concept dont il a dévoilé les grandes lignes dans sa première interview de presse la semaine dernière dans l’express-Turf. «The vast majority of the changes will be positive and for the long term good of racing». À cette fin, il avertit déjà ceux qui ont toujours été réfractaires au changement, car «there will be some tough decisions that will need to be taken».

Mais il serait intéressant de voir s’il aura une marge de manœuvre suffisante et la liberté voulue pour révolutionner le monde hippique, car ses idées ne seront mises en œuvre que si les administrateurs ne s’y opposent pas. Ces derniers, eux, on le sait, pourraient être plus ou moins calculateurs dans chacune de leurs décisions (ou indécisions), même si l’on n’ose quand même pas avancer qu’ils soient à la solde de grandes influences, «the elitist and wealthy patrons». 

Pour qu’un vrai changement intervienne, il faut d’abord que les mentalités à l’intérieur même du circuit se transforment, car il n’est plus admissible que «bef travay souval manzé». Ce temps est révolu. Si Rishworth peut comprendre cela lorsqu’il prendra ses fonctions, là où tout le monde a failli, il réussira. 

Avant d’inviter la GRA à se ressaisir, le MTC a l’obligation et le devoir de se remettre en question et de s’assurer que tout le monde soit traité sur un pied d’égalité. C’est à cette condition uniquement qu’il sera dans une position qui lui permettra de questionner légitimement la pertinence des décisions prises par la GRA.

Le temps nous dira si le MTC saura se réinventer avec une direction forte, pouvant faire rêver, car les courses, en raison de leur popularité inégalée – malgré l’avènement du Loto et autres formes du jeu à ­Maurice –, peuvent encore franchir des paliers et ­atteindre d’autres sommets. Accéder à un niveau, par exemple, comme celui que nous promet ce même MTC ce week-end, pendant son rendez-vous international au cours duquel, à des exceptions près, les joutes ont toujours été phénoménales.

De 1984 à ce jour, les cravaches internationales ont constamment su élever le niveau de nos courses lors des arrivées de haute facture. Mais posons-nous cette question : pourquoi ce qui est réalisable en décembre ne l’est pas, régulièrement, de mars à novembre ? Pourquoi des jockeys comme Fradd et Nunes se font de plus en plus rares au Champ de Mars ?

Lorsque tombera le rideau sur la saison de courses, dimanche, et le MTC et la GRA devront trouver réponses à ces deux interrogations, entre autres. De là devrait démarrer la remise en question…

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