Les secrets du “betting ring”

«Il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction.» Winston Churchill

Homme d’Etat, Homme politique, Premier ministre (1874-1965)


L’éclairage que l’on a voulu apporter la semaine dernière sur les relations tumultueuses entre le MTC et la GRA en ce début de saison nous a valu des critiques – constructives, il faut le dire – puisque ces relations-là, aussi turbulentes qu’elles puissent être au niveau des comités directeurs des deux parties, n’empêchent pas pour autant une entente à d’autres niveaux. Le working relationship, nous dit-on – et on n’a aucune raison d’en douter – entre le
racing department du MTC, mené par le CEO Mike Rishworth, et la GRA, qui s’appuie sur l’expérimenté Paul Beeby, impacte positivement sur des changements majeurs que veulent apporter les deux instances responsables des courses à Maurice.

Une des causes de la méfiance dont nous parlions la semaine dernière serait plutôt liée à un conflit de personnalités au plus haut niveau car c’est là que le bât blesse au MTC et à la GRA. Et ce n’est pas demain la veille malheureusement que ceux-ci réussiront à transformer ce conflit en une concertation saine pour une meilleure gestion du dossier hippique.

En attendant que Maurice puisse un jour se vanter d’une situation où MTC et GRA ne se regardent plus l’un l’autre, mais plutôt dans la même direction, c’est déjà un pas en avant que l’instance régulatrice doterait dans un proche avenir le MTC d’un nouvel outil pour un meilleur contrôle des cotes en temps réel. L’idée fait son chemin depuis longtemps déjà, car il est inconcevable que les secrets du betting ring soient confinés quelque part à la MRA.

«It was however noted that the Racing Stewards have limited access to betting information, currently in the form of the fluctuation in the betting odds offered about all runners in the days preceding the race meeting and also on race-day. There is no additional in-depth betting intelligence available to the Stewards panel which, if provided, would elevate the level of scrutiny which could be applied to the assessment of each race. It would therefore be of significant benefit to the operation and effectiveness of the Racing Stewards to be able to readily access this type of betting intelligence which may include the volume of money wagered on each runner and, in particular, any significant bets above a stipulated level», avait, du reste, dit en 2015 Steve Railton, Stipendiary Steward & Secretary, Licensing Committee du Hong Kong Jockey Club après un séjour à Maurice.

L’autre innovation qu’apporterait la GRA est le betting by card. D’où la venue à Maurice de la consultante britannique Christina Thakor-Rankin. Sa mise en oeuvre viendrait combler de grosses lacunes au niveau du betting, qui ont donné lieu à la prolifération des paris à crédit. Le plus vite le betting by card entrerait en vigueur, le mieux ce serait pour les courses. Car il s’attaquerait directement aux opérations illégales qui font perdre quelque
Rs 800 millions à l’Etat selon le rapport Parry.

Ce serait une mesure rigoureuse pour mieux contrôler le flux d’argent qui atterrit dans le circuit et dont la provenance souvent mystérieuse rejaillit négativement sur le monde hippique. En 2014, la Financial Intelligence Unit, qui voulait introduire le CDD (Client Due Diligence) sur les parieurs misant Rs 10 000 ou plus, avait trouvé que les opérations chez les bookmakers étaient «cash intensive» et elle avait pris soin de souligner que «open source information indicates that this area of the gambling sector may be at high risk for money laundering (…)»

En attendant l’introduction à Maurice d’un intelligence system qui permettrait de remonter la filière dans tout cas de tricherie, voilà deux mesures, si elles se concrétisaient à court terme, permettraient à l’industrie des courses de mieux respirer, elle qui est souvent l’enfant pauvre des gouvernements. Et ce n’est pas Marcel Chaouat, membre du comité d’administration de France Galop et président de l’hippodrome de Deauville, qui nous dira le contraire. «Tous les gouvernements sont là pour prendre des taxes et ils nous laissent bien peu d’argent pour organiser les courses. Cela fait partie des futurs projets que nous avons. Celui d’avoir un véritable dialogue avec l’Etat à ce sujet, avec le ministère des ­Finances notamment, afin qu’ils nous laissent un peu plus respirer.»

 

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