Le calme avant la tempête ?

Stevebook Ltd a eu gain de cause la semaine dernière sur un ordre émis par la juge Nirmala Devat. Le cas de plusieurs autres bookmakers off course a connu pareil dénouement lundi. C’est la Gambling Regulatory Authority (GRA) qui en fait les frais. Et c’est ce qui intrigue. Car le soudain changement de cap de l’instance régulatrice dans ce combat contre Stevebook Ltd et les opérateurs off course peut nous faire penser qu’il cache peut-être d’autres intentions. D’autant plus que la GRA, à travers son représentant légal, Ravi Yerrigadoo, assisté de Saya Ragavoodoo, a pris le soin de souligner qu’elle accepte le paiement de Stevebook Ltd pour le renouvellement de sa licence de bookmaker off course pour la moitié de la saison hippique se terminant le 15 août prochain. “The respondent (the Gambling Regulatory Authority) will accept payment from the applicant in respect of a bookmaker’s licence to conduct fixed odds betting on local races outside the racecourse at one place approved by the respondent for the first half of the racing season ending on 15 August 2019 as per category 3 of the Third Schedule of the GRA Act, i.e. as an “OFF COURSE” bookmaker, namely at 270a, Royal Road, Curepipe.” Que se passerait-il entre-temps et surtout après ?

Depuis la lettre envoyée aux bookmakers off course l’année dernière, la GRA ne lâchait pas prise, même si elle peinait à justifier sa décision de ramener graduellement tous les bookmakers on course. L’absence d’arguments pouvant justifier sa détermination d’éliminer l’off course betting lui a même valu des commentaires désagréables en cour. “We also find that the respondent did not give any reason for its decision found in the letter (NdlR : 24 octobre 2018)”, avaient écrit fin mars les juges Teelock et Ohsan-Bellepeau, lesquels avaient aussi qualifié la décision de la GRA de “irregular, irrational and unreasonable”.

C’est pourquoi on peine à croire que cette affaire est enterrée. D’autres rebondissements ne seraient pas à écarter car il est difficile d’imaginer que la GRA est allée jusqu’à refuser d’appliquer le jugement Teelock/Ohsan-Bellepeau pour revenir subitement sur sa décision et accepter le paiement de Stevebook Ltd.

L’on a bien vu ce qui s’est passé récemment dans l’affaire Hofman. Le pilote belge se voyait refuser le droit d’épouser sa compagne mauricienne depuis décembre 2018 après ses démêlés avec Air Mauritius et les autorités mauriciennes. Puis, coup de théâtre ! Le PMO change d’avis en avril de cette année. Trop beau pour être vrai pour Patrick Hofman et Isabelle L’Olive ! L’attitude soudainement bienveillante du PMO à l’égard du couple n’a pas duré longtemps puisque Hofman sera déclaré «prohibited immigrant» en vertu de la nouvelle version de l’Immigration Act passée en quatrième vitesse au Parlement. Après le calme la tempête, n’est-ce pas ?

La GRA, qui ne s’avoue jamais facilement vaincue, quelle que soit la situation, peut sortir d’autres armes légales pour aller jusqu’au bout d’une guerre qu’elle a elle-même déclenchée. Elle en a les moyens puisqu’il ne faut pas oublier que les consultations pré-budgétaires démarrent incessamment. Le betting a toujours occupé une place privilégiée dans les mesures budgétaires quel que soit le régime en place. Il ne faudrait pas s’étonner si tel était encore le cas cette année.

Le MTC dans tout cela ? Il se réjouit du dénouement en faveur des bookmakers off course, dont l’absence lui a été préjudiciable depuis le début de la saison. Il suivait avec beaucoup d’intérêt, mais aussi d’inquiétude, les affaires en cour, non sans avoir déroulé le tapis rouge aux opérateurs off course récemment. Pourtant, ce même MTC, il n’y a pas longtemps, militait pour que le système fixed odds disparaisse du circuit hippique.

«Ne crache pas dans le puits, il peut t’arriver d’en boire», dit le proverbe !

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