Et si France Law avait raison ?

Il avait lancé un pavé dans la mare le 19 juin dernier. Faisant même déraper un membre qui s’est permis une question inélégante, totalement déplacée en la circonstance, à France Law. «Ki to fer la ?» ( !) Et à laquelle s’est ensuivie instantanément une claque magistrale et amplement méritée ! D’aucuns pourraient arguer que le forum n’était pas approprié pour que France Law se lance dans une diatribe contre le fonctionnement archaïque du MTC en termes de frais d’adhésion et de cotisation annuelle des membres en passant par le «everything free» accordé aux membres à vie. Le MTC, à bien y voir, a deux options, lesquelles dicteraient le cours des événements : vivre le présent comme le commencement de l’avenir ou, en grand conservateur des traditions, vivre le présent comme la phase ultime du passé. Il doit choisir son camp.

Pour France Law, figure con­nue dans le secteur immobilier, le MTC, qui dit passer par des moments extrêmement difficiles sur le plan financier (et ce n’est pas faux), devra d’abord trouver l’origine de l’acharnement apparent du gouvernement contre lui et ensuite prendre les mesures qu’il jugerait nécessaires pour éviter que cet acharnement ne perdure.

Sans se lancer imprudemment dans une action qui risque d’envenimer la situation alors qu’au Club, aucune réflexion n’est menée pour une transformation interne. Laquelle passerait, entre autres mesures, à travers une cotisation digne et plus respectable des membres. Une moyenne de Rs 300 par membre par journée (donc Rs 37 par course !) en termes de membership fee est inacceptable pour le MTC en 2019 et c’est pourquoi d’aucuns peuvent penser raisonnablement que c’est indécent de sa part de ne blâmer que le gouvernement pour son échec financier.

Et si France Law avait raison ? Personne ne demande au MTC d’aller s’agenouiller devant les membres du board de la GRA, ni de se contenter du rôle passif d’un simple Racing Organiser que semble vouloir lui imposer l’instance régulatrice. Lui qui a démissionné comme membre en 2017 – en raison du traitement qu’il jugeait inacceptable de la part du Club – malgré les investissements consentis dans l’achat de chevaux (il est en ce moment copropriétaire de White River, le héros du Barbé la semaine dernière), il ne réclame qu’une remise en question du MTC, que le mindset à l’intérieur du Club change, qu’on y apporte du sang neuf, qu’on en finisse, une fois pour toutes, avec la guerre des proxies et que la contribution soit digne pour chacun des membres. Bref, il dit «non» à la politique de «maja karo» et accueillerait avec espoir des «rigid economic measures as a first step» pour stopper l’hémorragie financière du MTC.

Non seulement aucune suite ne risque d’être donnée au discours et aux mesures que préconise France Law, lequel souhaite la naissance d’un MTC nouveau, dynamique et moderne, qui se démarque de son passé, aussi glorieux fût-il, mais honteusement quelques-uns des administrateurs du Club – pas tous et pas le président en tout cas – ne l’ont même pas félicité pour sa victoire comme propriétaire dans le Barbé. Serait-ce en raison de sa prise de position pourtant légitime lors de la réunion du 19 juin ou serait-ce un oubli inacceptable du protocole, ce qui témoignerait alors du manque de considération du MTC à l’égard des propriétaires/membres opposés à sa politique ?

France Law, qui s’est entretenu avec L’Express-Turf après le Barbé, dit ne pas vouloir être négatif dans ses critiques contre le MTC. Craint-il une expulsion comme propriétaire ? Il n’en a pipé mot. Mais il nous a invité à faire la différence entre «sauver les courses» et «sauver le club». Pas sûr en tout cas qu’il aura l’oreille des dirigeants du Club, plongés comme ils seraient dans l’ouragan sonore de Firehawks !

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