Premier véritable couac

360 pour, un contre. Comme une lettre à la poste. Le MTC a su convaincre ses membres de la nécessité de vendre ses 30 % d’actions dans Quantilab, même si la durée du contrat liant le club au laboratoire, à partir de l’officialisation de la vente, continue à alimenter les conversations dans le giron. Encore une fois, c’est le trou financier au niveau du pension scheme (à qui la faute ?) qui a amené l’organisateur des courses à céder ce qui lui restait encore dans Quantilab, qui était pourtant son doing et sa fierté il n’y a guère.

On ose espérer, pour le bien de l’industrie des courses, que l’histoire ne va pas se répéter pour le MTC qui, en 2014, avait cédé 70 % de ses actions, pensant pouvoir se fier à cette vente pour mieux aborder les années suivantes financièrement. Sauf que les Rs 45 millions obtenues n’ont pas servi à grand-chose en termes de vision futuriste. Puisque depuis, non seulement l’innovation a été presque un vain mot au Champ de Mars – que du réchauffé à chaque grand événement –, mais pire, il y a une constante descente aux enfers tant sur le plan financier que sur la piste elle-même où le niveau n’est plus le même.

On peut arguer, certes, que l’Etat continue à faire la sourde oreille, car il refuse toujours de réinvestir une partie des revenus qu’il obtient des courses dans ce secteur, ce qui aurait, à coup sûr, allégé le fardeau financier de l’organisateur des courses ou même permis aux grandes épreuves de se disputer à coups de millions de roupies en termes de stakesmoney. Ce dont nos courses ont besoin. Mais l’on a aussi comme l’impression que le MTC refuse de prendre en main sa propre destinée. Est-il maître de son destin après tout ? Car on connaît la force persuasive de quelques-uns de ses partenaires privilégiés, les plus grands bénéficiaires, avec l’Etat bien sûr, du sport hippique.

Dommage qu’il n’y ait pas eu débat autour de la vente des 30 % d’actions dans Quantilab. Si les membres «ont compris que c’était la bonne décision» (dixit le président Taposeea), en revanche les entraîneurs, eux, protestent. Ils ne comprennent pas. Et ils le font savoir dans une correspondance au MTC. Leur grief ? La réduction des stakesmoney dans des courses avec moins de six chevaux. Si le MTC justifie cette décision par le manque d’engouement des parieurs pour ces courses-là, les entraîneurs, avec raison, pensent aux intérêts de leurs propriétaires, la force motrice même des courses. Après tout, un changement de règles ne se fait pas en cours de jeu. Comme quoi, le MTC ne veut pas apprendre des erreurs du passé et des échecs qu’il a subis en Cour suprême !

Des entraîneurs – et pas des moindres – se demandent pourquoi les propriétaires et les écuries doivent faire les frais de ce qu’ils qualifient de largesses du MTC en termes de rémunérations au plus haut niveau du Club. Pourquoi l’opération «ser sintir» ne s’applique pas à tout le monde ? A commencer là où il le faut, au plus haut échelon du Club ? Après tout, pourquoi avoir autorisé autant d’écuries à opérer contre l’avis expert de Michel Nairac pour ensuite venir appliquer une politique d’étranglement de ces mêmes écuries ? Avec seulement 11 places disponibles dans les stalles, le MTC a-t-il besoin de 15 écuries pour mener à bien ses opérations ?

Par ailleurs, le talk of the town cette semaine concerne la mise à pied du cavalier sud-africain Piere Strydom, qui était déjà en sursis chez l’écurie Ramesh-war Gujadhur. Son limogeage a été suivi, trois jours après, d’une suspension de six semaines pour une monte très peu inspirée sur le favori Man From Seattle. C’est le premier véritable couac sur la piste cette année. Pourtant, il y avait bel et bien eu un avertissement après le premier quart de saison et comme par coïncidence, Strydom s’y était trouvé mêlé. L’affaire Pera Palace-Chili Con Carne… anyone ?

On ne sait, à ce stade, si le cavalier sud-africain, qui avait dû attendre de longues semaines le feu vert des autorités (on comprend mieux pourquoi maintenant), connaîtra le même sort que Ségeon, qui avait été interdit de quitter le territoire mauricien, ou celui de Callow, plus chanceux. Ce dernier avait eu, lui, l’audace de passer, de Malaisie, un coup de fil au MTC après avoir franchi le service de contrôle de l’immigration à Maurice en toute quiétude !

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