Quelle bénédiction !

De là où il se trouvait en ce dimanche 1er septembre – ou même en différé –, osons croire que le Premier ministre a su trouver quelques minutes pour oublier Metro, élections et adversaires politiques et apprécier la beauté des courses et l’ambiance qui régnait au Champ de Mars. Où le sport hippique brisait toutes les barrières et les différends et permettait à tous ceux présents de fêter dans l’allégresse l’exploit d’un cheval hors pair, en l’occurrence White River. Que nous avons tous eu le privilège de voir en action live and direct.

Et dire que l’on a tenté de désarçonner son jockey avant le départ ! Heureusement que le MTC n’a pas craqué et que le bon sens a prévalu à la GRA !

En égalant l’exploit de Pretty Mollie, le dernier cheval à réussir le triplé historique Duchesse-Barbé-Maiden en 1951, White River est entré par la grande porte dans le panthéon. L’Histoire est désormais en marche. Elle ne s’arrête pas au Maiden puisque White River – qui a offert à son entraîneur Rameshwar Gujadhur, en tant que chef de file de l’écurie qui porte son nom, et à ses propriétaires Chandra Guja-

dhur et France Law leur premier Ruban bleu – s’attaquera, en novembre prochain, à un record absolu : celui d’égaler la jument de l’écurie Gujadhur, Winking, qui avait raflé les quatre classiques en 1934.

En attendant, toute la bande à Ramesh-war Gujadhur savoure légitimement la grande victoire de White River, lequel lui permet de prendre une option ferme dans la course au titre pour la toute première fois depuis sa création. Avec une avance de

Rs 1,6 million au classement, statistiquement le titre ne peut lui échapper.

White River, cette machine à courir et à… gagner, aide en ce moment à raviver la flamme hippique. A lui seul, il montre que les courses à Maurice ne sont pas mortes. Que celles-ci ont encore de beaux jours malgré les lourdes interventions étatiques, dont quelques-unes arbitraires et déraisonnables (comme l’affaire Nunes la semaine dernière) et la persistance du MTC dans ses errements impardonnables saison après saison (l’affaire Holland tout récemment). Heureusement pour le sport hippique que chevaux, jockeys et Maiden sont bien ancrés dans la tradition des Mauriciens, qui savent vivre, en famille et dans une atmosphère inégalable, à l’heure du Ruban bleu quelle que soit leur origine ou leur religion.

White River ne peut qu’être une bénédiction pour nos courses. Non seulement rassemble-t-il les amoureux du sport hippique, mais il oblige également les entraîneurs adverses à hausser la qualité de leurs achats. Du reste,

l’acquisition par l’écurie Gujadhur de Made To Conquer en est la preuve. D’autres suivront. En tout cas, on l’espère pour que les courses, qui passent par des moments difficiles, retrouvent leurs lettres de noblesse.

Le MTC a, lui, encore une fois, fait la démonstration de sa force organisationnelle à l’occasion du Maiden Day, qui a été une réussite phénoménale avec le soutien de Courts Mammouth. On n’invente rien. Il n’y a qu’à voir la réaction venant de l’étranger sur les réseaux sociaux. L’ambiance du Maiden 2019 fait le tour du monde. Plus important encore, elle fait aussi des envieux !

Il n’y a aucune raison pour que les courses à Maurice ne connaissent pas des lendemains encore meilleurs. Pour cela, il suffit que le MTC et l’Etat fassent cause commune. C’est la condition sine qua non pour l’avancement du sport hippique qui n’est ni la propriété du MTC, ni celle de l’Etat et encore moins de la GRA. C’est une industrie à part entière qui mérite et doit être traitée en tant que telle. Au gouvernement de jouer cartes sur table et faire connaître au MTC les conditions qu’il rechercherait pour toute entente saine. Mais aussi au MTC d’accepter des compromis pour que la pérennité des courses soit garantie. Mais d’abord, il faut savoir s’il existe réellement une volonté des deux côtés pour surmonter les différends dans l’intérêt supérieur des courses.

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