Vas-y Simon, nous sommes tous avec toi !

La dernière ligne droite ! Détrompez-vous, on ne parle pas de la campagne électorale. Mais de la saison hippique 2019, saison riche en émotions sur la piste, puisqu’en dehors c’est presque la consternation, tant le MTC ne sait plus sur quel pied danser. Sa résistance est au bord de la rupture face à une instance régulatrice qui, pendant cinq ans, le pousse à bout.

Mais sur la piste – à l’exception de quelques courses qui nous ont tourné tous en bourriques (y compris les commissaires !) – l’empoignade a été belle et on souhaite qu’il en soit ainsi jusqu’à la dernière foulée. On ne veut pas assister à ces one-way tickets affligeants, dont un a failli marcher la semaine dernière, n’était-ce un move intelligent d’un cavalier, dont le jockeyship aura déjoué le plan machiavélique concocté pour une escorte royale.

Les commissaires, admettons-le, font un travail vraiment ingrat dans des conditions pas vraiment réunies pour assurer un control and monitoring comme ils l’auraient souhaité – en raison de l’absence quasi-totale de la GRA et de sa Police des Jeux pour surveiller tout mouvement suspect de ceux qui rôdent dans les parages des personnes susceptibles d’influencer le résultat d’une course. Maurice, contrairement à beaucoup de juridictions hippiques à travers le monde, ne dispose pas d’un cadre légal pour combattre comme il se doit la mafia aux courses. Et le MTC, seul, est, parfois, contraint d’assister impuissant à ce qui ressemble à des parodies de course.

Qu’est-ce qui a changé, par exemple, depuis que l’ex-Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, avait concédé, au début du mandat de ce présent gouvernement, que la GRA ne disposait pas de suffisamment d’expérience dans le secteur hippique pour y assurer un meilleur contrôle ? Presque cinq ans plus tard, où en est-elle, cette GRA ? À l’exception de l’arrivée d’un Head of Integrity, en l’occurrence le Britannique Paul Beeby, qui assure la liaison entre le MTC et la GRA, aucune avancée majeure n’a eu lieu dans la manière dont le gouvernement traite les courses. 

Les directives – pas toutes – restent archaïques alors qu’en matière de control and monitoring, le MTC est esseulé sur un terrain où il ne contrôle pas grand-chose dans le betting ring. Il n’y a qu’à voir le nombre de fois – les statistiques ne mentent pas, en tout cas – où de grosses mises ont été faites sur des chevaux qui eurent tous (belle coïncidence !) de soft leads à l’origine de leur succès !

Malheureusement, la topographie du champ de courses mauricien donne lieu plus facilement (ou moins difficilement, si vous préférez) à ce type de spectacles d’ailleurs, car avec ses courbes sèches, les excuses sont légion et ne peuvent être parfois disputed factually. C’est là toute la difficulté des commissaires à sanctionner plus régulièrement ceux qui se présentent en piste avec des motivations autres que celles de briller sportivement. Ce qui les expose souvent à des critiques, car il n’est pas toujours évident de prouver beyond any reasonable doubt la culpabilité de quelqu’un sur une piste comme la nôtre.

Mais au-delà des cas qui restent en travers de la gorge cette année, la compétition, d’une manière générale, a été féroce parmi les écuries. Où, malheureusement, seule celle de Simon Jones n’a pas encore connu le moindre succès. Personne ne veut être à sa place et vivre ce qu’il vit. Lui seul sait la déception qui le déchire dans son for intérieur. Terrassée sportivement par des cas de positivité au début de la saison, son écurie ne s’en est jamais remise et une fois qu’un début de saison est raté, cela fait boule de neige. Les répercussions dans son cas ont été désastreuses tant sur le plan sportif que moral.

Mais Simon Jones n’a jamais extériorisé ses émotions, autant ébranlé qu’il a été par ces tristes affaires qui n’ont pas encore été tirées au clair. À le voir, chaque matin, aux côtés de ses chevaux, qu’ils soient des potential winners dans cette dernière partie de la saison, à l’image de Well Connected et de Haylor – deux chevaux sur lesquels il nourrit de gros espoirs – ou de chevaux qui ne peuvent aspirer à être dans le box gagnant d’ici le 1er décembre, l’homme ne se laisse pas gagner par le découragement. Il ne désespère guère.

«Faire contre mauvaise fortune bon cœur», c’est ce qui le guide dans son quotidien, se laissant convaincre qu’il peut y arriver, même si cela ressemble de plus en plus à une course contre-la-montre. Simon Jones, qui avait découvert le Champ de Mars en tant que jockey «étranger» – il est d’origine australienne – à la fin des années 80, n’est pas de ceux qui pensent qu’il y a des gens condamnés à l’échec et ceux qui sont faits pour gagner.

Même chez ses collègues entraîneurs, on apprécie cette attitude never-say-die qui l’anime chaque matin et, malgré l’adversité qui prédomine, il n’y a pas un seul entraîneur au Champ de Mars qui aimerait le voir rentrer bredouille.

Vas-y Simon, nous sommes tous avec toi !

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